25/08/2011

Romuald Bardon, passion... vacher

vacher, estive, montagne, altitude, élevage

Romuald exerçait le métier de chevrier en Ariège. « je suis venu en vacances à Enveigt, visiter un pote qui faisait une estive, et je ne suis jamais reparti ». Il souhaitait acquérir un chien gardien de troupeau « en Cerdagne, j’ai rencontré un berger qui élevait des chiens. Il m’en a offert un contre un coup de main à garder ses brebis pendant qu’il faisait les foins ». Arrivé en 2000, durant six ans il sera berger. C’est là qu’est née sa vocation pour le métier de vacher, qu’il réalise depuis 4 ans, sur le domaine du  Col de la Llose, entre Canaveilles et Mont-Louis. « le cadre dans lequel je travaille, le contact avec les animaux, les chiens, (deux border coolie),  font partie de mon environnement de vie dans lequel je me sens bien ». Le matin, Romuald fait le tour des troupeaux, s’assure que les vaches sont en forme. Puis, c’est la vérification des clôtures, l’approvisionnement en sel. C’est un troupeau d’environ 600 vaches qu’il doit garder. Des limousines, race à viande, provenant de Canaveilles et de Los Masos. Les vaches vêlent dans la nature, il faut donc surveiller les mise bas, qu’elles n’aient pas de mammites, jusqu’à ce qu’elles soient taries en lait. « ce n’est pas un métier facile, mais pour moi c’est une passion, alors c’est du plaisir ». Ce qui pose parfois problème, ce sont les portes des clôtures que les randonneurs oublient de fermer. Alors, deux fois par jour, il en fait le tour. « je rencontre des gens qui se promènent ou qui cherchent des champignons, et l’on échange, ce qui est agréable. Certains reviennent tous les ans et en profitent pour venir me saluer, c’est très enrichissant ».

 

un métier passion dans un environnement exceptionnel

09/10/2010

Inauguration d'une cabane pasotrale

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Après l'inauguration en juillet de la cabane pastorale de Formiguères, c'est celle de Caudiès de Conflent qui vient d'être inaugurée. Deux bâtisses témoin, qui ont vu le jour grâce  au travail méthodologique engagé par le Parc Naturel Régional des Pyrénées Catalanes.

 

IMG_0719.JPGLa réhabilitation ou la construction de cabanes pastorales, doit s'adapter  au code du travail et de la santé publique, et aux règlementations en matière d'urbanisme, d'environnement, de réseaux et d'accès. Pendant les dix dernières années, aucun permis de construire n'avait été accordé par l'Etat. Face à ces difficultés, le PNR, en collaboration  avec l'Association Foncière Pastorale et les Groupements Pastoraux des Pyrénées Orientales, la chambre d'agriculture, le service d'utilité agricole de la montagne, le Conseil Général, la Région, les services de l'Etat et le commissariat de Massif, a établi une méthode de rédaction de permis de construire. Un outil opérationnel qui a été utilisé sur Formiguères et Caudiès, et qui servira aux autres groupements pastoraux, entre autres ceux de Font-Romeu et de Mantet. Une démarche rappelée par Raymond Trilles vice Président du Parc au nom de Christian Bourquin Président «les cabanes pastorales permettent aux pâtres de vivre dans des conditions de vie normale et de les fidéliser.  L'agriculture participe au maintien des populations rurales et au développement des activités touristiques. C'est une composante de notre identité montagnarde ».

Un enjeu fort : Tony Baurès, président des éleveurs de Cerdagne Capcir apprécie le chemin parcouru « six années de travail pour arriver à IMG_0728.JPGce beau bâtiment, qui permettra au vacher de loger sur l'estive. Une estive sur les communes de Caudiès, Railleu et Ayguatebia qui accueille 350 génisses et 150 vaches, avec un budget qui s'élève à 40 000 € de fonctionnement et 15 000 € d'investissement par an  ». Satisfaction du côté de Michel Gualar, président de la Cambre d'Agriculture des PO « l'élevage fait partie de la famille des agriculteurs catalans. Les éleveurs entretiennent le territoire. La dynamique agricole passe par ce type de réalisation qui permet entre autre au vacher d'avoir une qualité de vie normale ». Suzanne Delieu, conseillère régionale et vice président du parc rappelait « l'intérêt de la Région pour les estives et l'aménagement du territoire, qui s'est concrétisé par 2.5 millions d'Euros sur cinq ans d'aide à l'agriculture de montagne ». Pour Charles Pujos, commissaire du massif Pyrénéen « le pastoralisme fait partie de l'identité forte des Pyrénées. La méthodologie de construction de cabanes pastorales peut-être utilisée sur toute la chaîne ».

Une inauguration conclue par un superbe buffet montagnard offert par le groupement pastoral.

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agriculteurs et leurs élus, élus locaux, départementaux et régionaux, commissaire à l'aménagement des Pyrénées ont inauguré cette nouvelle cabane.

15/06/2010

Le refuge pastoral de la Calmaseille est opérationnel

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Après 10 années de déambulation dans les chicanes administrative, le projet de refuge pastoral de la Calmazeille est enfin réalisé. Un soulagement pour le groupement pastoral de Balcère/Lladure qui n'y croyait plus.

Barthélémy Riveill, président du groupement pastoral de Balcère/Lladure est un éleveur heureux. « le groupement pastoral a pour mission la gestion des estives et tout ce qui y a trait, dont l'aménagement des refuges pastoraux. C'est un véritable habitat qui respecte les normes de construction et offre un confort de vie au berger ou vacher ». Le refuge pastoral de la Calmazeille est enfin terminé et accueille cette semaine le berger qui prend ses « quartiers d'été » sur le site. « nous étions empêtrés dans un imbroglio administratif qui durait depuis dix ans. Heureusement, le Parc naturel Régional est venu nous épauler, aujourd'hui, nous inaugurons ce premier refuge ».  Pour cela, le parc a élaboré une méthode de rédaction de permis de construire de cabane pastorale. Celui-ci prend en compte l'évolution du métier, la réglementation en matière d'urbanisme, le code du travail et de la santé publique, l'intégration au paysage, la mise en place des différents réseaux. Ce guide est opérationnel sur l'ensemble du territoire du parc. D'autres projets sont en cours d'élaboration sur Caudiès de Conflent, Font-Romeu et Mantet. Sur la Calmazeille ce sont 800 brebis issues de quatre éleveurs de la plaine et de l'Aude qui sont en estive.

Un investissement aidé l'investissement de la Calmazeille est de 65 000 € hors taxes sur lesquels l'Europe abonde à hauteur de 50 %, l'Etat complète avec 20 % et la Région 10 %. L'autofinancement est à charge du groupement pastoral. Le conseil général a participé au financement de l'étude de faisabilité. La commune de Formiguères quand à elle a mis à disposition le terrain avec un bail à ferme de 12 ans. Christian Bourquin, président du Conseil Général, apprécie le bâtiment « il faut donner des conditions décentes de vie aux randonneurs. En tant que marcheur, il m'arrive de dialoguer avec des bergers et de constater leur condition d'hébergement précaire dans lesquelles certain vivent ». La vie de berger n'est pas facile, il faut donc faciliter au maximum leur condition de travail. Et de réaffirmer son « opposition totale à la réintroduction de l'ours dans les Pyrénées. Vue de la ville, cela semble séduisant, mais l'ours est dangereux pour les bêtes en estive, alors pourquoi le réintroduire ». Une position partagée par les éleveurs locaux, et en particulier par Françoise Guidel « l'ours a déjà attaqué notre troupeau et tué des brebis. Cela nous oblige à garder plus serré, à rentrer le soir et nous ne pouvons plus emmener le troupeau sur des pâturages éloignés. Les primes compensent les pertes, mais le but n'est pas de voir son troupeau massacré. Cela traumatise les bêtes».

Un gouter salé à base de produits du terroir a clôturé cette inauguration bucolique.

 

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Échanges forts et amicaux, ont permis de constater qu'élus et éleveurs étaient sur la même longueur d'onde.