18/08/2013

J'ai testé pour vous un vol en parapente

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Moins motivé qu’Icare, à m’envoyer en l’air, pas rassuré à voler suspendu à un morceau de tissu, j’ai testé pour vous un vol en parapente, le pied.

parapente, voler, paysage, Courageux, mais pas téméraire, j’ai sollicité mon fils, pour effectuer ce vol découverte en double, me disant qu’il mettrait tout en œuvre pour me faire plaisir, à moins qu’il ait des velléités  d’héritage. « Antoine, t’as un couteau sur toi », « non ». Me voilà rassuré, il ne coupera pas les suspentes, ces fils multicolores, fins mais très solides qui réunissent la voile à la sellette.

Ce qui m’a mis en confiance dès le début, c’est la sécurité qui est le fer de lance de cette pratique. Si les conditions aérologiques ne sont pas favorables, on ne vole pas. Le matériel est contrôlé avant chaque vol, les consignes pour l’apprenant claires, répétées, vérifiées par le pilote, avant le décollage. La montée à l’aire d’envol se fait par la télécabine des Angles, séquence émotion. Le pilote, en véritable pédagogue vous met à l’aise, vous avez fait le bon choix. Puis c’est le moment de l’harnachement, le casque bien attaché, petite boule dans leparapente, voler, paysage, ventre… C’est parti, en quelques mètres, les pieds décollent du sol, plus de vertige, je vole… Bien installé dans ma sellette, je suis bien, je me sens léger, c’est le calme, l’angoisse a disparu. Là, le point de vue sur les montagnes est imprenable. Les vautours qui volaient au dessus de l’aire de départ ont disparu. Il paraît que parfois ils vous accompagnent, vous prenant peut-être pour un des leurs. A moins qu’ils ne se disent s’ils tombent, je les nettoie.  Nous voilà au dessus du village des Angles, un petit tour du clocher, et un grand virage sur la droite en direction du lac. La phase de l’atterrissage s’annonce, le sol se rapproche, et tout à coup, comme par enchantement mes pieds reprennent contact avec le sol.  Je suis un homme debout, le parapente s’affale, j’ai envie de crier de joie, mais je n’ose pas. Je comprends maintenant la mine réjouie des pratiquants à l’atterrissage. C’est sûr, je recommencerai, et cette fois, je prendrais mon appareil photo.

Pratique

En Cerdagne Capcir plusieurs écoles proposent ces vols de découverte.

Aventure Pyrénéenne à Font-Romeu, de 55 à 145 € selon durée tél 04.68.04.96.59     www.aventure-pyreneenne.com

Vol’aime à Angoustrine, de 60 à 100  € selon durée, tél 04.68.30.10.10 www.volaime.com

Thibal Serge à Font-Romeu, de  60 à 100 € selon durée, tél 06.23.84.58.85

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 le plaisir de planer, adrénaline et zénitude

22/02/2010

Le PNR photographie son territoire et crée l'observatoire du paysage

IMG_8450.JPGRéunis à Eyne, les commissions Urbanisme Aménagement Paysages et Culture Patrimoine Catalinité du Parc Naturel Régional des Pyrénées Catalanes, ont peaufiné le projet d'un observatoire des paysages, outil technique d'importance pour les schémas de développement du parc.

Protéger l'environnement, les paysages, tout en développant l'économie, est la volonté politique des élus du parc et de son président Christian Bourquin « la première raison d'être d'un PNR, c'est de protéger ses patrimoines. Nous devons développer nos richesses et les faire partager. Renforcer l'attractivité pour les vacanciers, mais aussi la qualité de vie pour les populations locales». Si la protection du patrimoine naturel est au cœur de l'action d'un parc, il n'en demeure pas moins que les questions d'urbanisme et de paysages font aussi partie de ses priorités. « le train jaune, on le retrouve dans notre logo, mais l'écrin dans lequel il voyage doit être à sa hauteur » précise le président.

Quels paysages « le paysage n'existe pas en soi et ne s'impose pas à tous de la même manière » affirme Véronique Molinier, ethnologue au CNRS, pressentie pour animer l'observatoire. Le paysage est une donnée culturelle, dans laquelle s'intègrent les constructions humaines. Cela se complique lorsque l'on parle de « beauté du paysage ». Pour Véronique, « il y a un alphabet du regard que l'on a appris sans nous en rendre compte, influencé par l'art pictural, la littérature, le cinéma, la photographie ». Le paysage, nous le fabriquons en le regardant, le photographiant. Il y a une grille de compréhension qui s'établit entre ce que l'on a dans les yeux et la façon dont on l'interprète. Il y a une réalité et plusieurs interprétations. Un champ de coquelicots n'a pas la même signification pour un photographe et l'agriculteur qui le cultive. Au 18è siècle, nos ancêtres avaient peur de la montagne. Le Pyrénéisme et le tourisme ont amené un autre regard sur cet univers. Alain Bousquet, maire d'Eyne soulève « la contradiction de la lecture du paysage, sa gestion et son entretien. Soit cela devient un musée, soit on développe une vie locale et cela passe par l'économique ». Et de citer l'écrivain Jules Renard, maire d'une petite commune « comme maire, je dois veiller au bon état des chemins, comme poète je préfère les voir non entretenus ». Grégoire Valbona, maire d'Egat, apprécie le chemin parcouru. « les chartes d'urbanisme et paysages sont aujourd'hui réalisées et doivent servir d'axe de travail dans les évolutions des Plans Locaux d'Urbanisme ».

L'observatoire identifier les caractères dominants des paysages, les mettre en valeur, les protéger ou réhabiliter, les prendre en compte dans les projets d'aménagement, voilà la finalité du projet. Un itinéraire de 40 points sur le territoire du parc a été défini. Ils seront photographiés tous les ans pour constater l'évolution. Une collecte de photographies, cartes anciennes, des modes de vie et savoirs faire sera engagée. Les orientations seront définies par entités territoriales, par des groupes de travail locaux. Un partenariat avec le Parc national de Pyrénées, de l'Ariège et ceux de Catalogne Sud, permettra de partager l'outil et mettra en valeur l'identité du massif à travers un « beau livre » et une exposition. « c'est plus qu'un travail technique » affirme Christian Bourquin « on veut amener la population à s'approprier la démarche et à prendre conscience de l'intérêt du PNR. Le paysage, sera la colonne vertébrale de la prochaine charte du parc, et on est en train de la construire ». Laissons la conclusion à Marguerite Yourcenar « construire, c'est collaborer avec la terre, c'est mettre une marque humaine sur un paysage qui en sera à jamais modifié ».IMG_7283.JPG