14/09/2012

Joseph Raaymakers en route vers d'autres cieux

 

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                                   malade Joseph Raaymakers nous a quittés dimanche

Ouvert aux aautres, généreux, proche des gens, atypique, mais homme de foi, JosephRaayamakers, s’est éteint à l’âge de 75ans.

C'est à Villeffranche de Conflent qu'il était installé, lui qui célébrait la messe de Noël dans les Garotxes. son écoute, son franc parler, son ouverture d’esprit, sa tolérance,étaient impressionnants,  une sorte de « laïc pétri par la foi », fustigeant avec humour les intégristes qu’il traitait de « don Camillo ».Il arrive en Conflent en 1948, il a 11 ans, et s’installe, avec sa famille, au mas de Cabrils sur la commune d’Ayguatebia. Ordonné prêtre en 1965, il sera le curé d’Olette de 1972 à 1985, un des premiers à avoir à charge de multiples cantons.

Un prêtre atypique : « un curé pas comme les autres », « un prêtre itinérant », des qualificatifs qu’il aimait entendre. Tous sont d’accord, il était fortement apprécié, croyants ou non « il incarnait bien au-delà de l’église la main tendue » précise Claude Vassail, qui le connaît bien. « il a beaucoup fait avancer les laïques pour qu’ils se prennent en charge dans l’église. Ouvert à toutes les cultures, toutes les religions, il n’excluait personne, et avait choisi volontairement la pauvreté ». Même appréciation de Jean Louis Jallat, maire d’Olette « un prêtre ouvert aux autres, très généreux, très proche des fidèles et de la population en général » et ajoute « je me souviens qu’il s’est fortement investi auprès des jeunes, organisant des camps de vacances, accueillant des enfants cambodgiens et laotiens ». Facilement repérable avec sa 2CV portant l’inscription « bouge toi de là », il sillonnait le Conflent et aidait les plus démunis, les personnes en marge de la société, lui qui vivait un peu en marge de son institution. Une institution qui le contraindra à quitter l’ancien presbytère d’Evol, dans lequel avec l’association E’volem il accueillait des personnes en situation de précarité depuis 30 ans.  Le père jean Baptiste Malirach a bien connu Joseph «c’était un homme de Dieu qu’il trouvait chez les autres, aidant ceux qui étaient rejetés par la société. Il a beaucoup marqué les gens, toujours ouvert vers les autres, prêt à faire un bout de chemin avec eux. Il était très attaché à l’église, même si parfois il la secouait un peu ».

L’ermite : à 60 ans, il décide de vivre en ermite sur le site de « Bordoll », commune d’Ayguatebia. C’était son côté un peu mystique, son amour pour la montagne, la recherche d’une vraie solitude, la rencontre avec Dieu, qui l’ont conduit durant huit ans à vivre une telle expérience.

Les obsèques de Joseph auront lieu samedi 15 septembre 2012, à 10 heures, en l’église d’Olette. La messe sera célébrée par Monseigneur André Marceau évêque de Perpignan.

27/07/2011

"Garotxes Conflent" reçoit le Prix Initiative Région

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A Ayguatebia, membres de l’association, élus, habitants, représentants de la Banque Populaire, étaient présents pour la remise du Prix Initiative Région, mille euros venus aider à la remise en état du moulin à foulon.

Depuis huit ans, la Banque Populaire Sud, a mis en place les Prix Initiative Région consacrés au patrimoine. Un jury d’expert désigne chaque année des associations auxquelles la banque apporte un soutien financier, récompensant ainsi la volonté et la persévérance de ces bénévoles.

Le moulin à foulon « mémoire vivante de l’activité drapière des villages, élément original du patrimoine industriel de la vallée, cette réhabilitation représente un atout considérable dans le développement d’un tourisme doux » tenait à préciser Monsieur Bernard Vergés président du jury départemental du PIR. Un compliment qu’appréciait Maryse Lopez, présidente de l’association « il est là, ce petit moulin, pour rappeler nos racines, nos ancêtre  attachés à cette terre. Aujourd’hui, il a su fédérer les habitants de ces villages autour d’un même projet ».

Faire vivre la vallée au début du 19è siècle, sur le village d’Ayguatebia, on comptait 6 moulins à farine, 2 scieries, 1 foulon et 600 habitants. Le maire, Marcel Mitjaville, se réjouit de ce prix et rappelle que « le dernier moulin à grain a cessé de fonctionner en 1957. L’administration des impôts a obligé au démontage des meules, le bâtiment est aujourd’hui une ruine ». Le développement d’un tourisme doux, basé sur la randonnée, peut permettre un regain économique et le maintien d’une population en déclin. C’est ce que souligne Madame Christine Chouly, directrice de l’agence bancaire de Prades « l’action assidue de votre association, favorise le développement culturel, maintient le lien social, améliorant ainsi le cadre de vie et facilitant l’implantation d’habitants à l’année ». Jean Louis Alvarez Conseiller Général et vice président du parc, conclura les discours en rappelant « le soutien du Conseil Général et du PNR à ce dynamisme local ».

Un agréable buffet parachevait cette sympathique réunion.

26/07/2010

Tourisme doux dans les Garotxes

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Les Garotxes, « terres arides », nichée entre le Capcir et le Conflent, est une haute vallée tranquille, qui a  des atouts touristiques à faire valoir, une terre d'accueil qui se mérite, selon les habitants, qui prônent un tourisme doux.

 Vivant autrefois de l'agriculture, cette région accidentée et rocheuse, entre 1300 et 1500 mètres d'altitude, a un climat favorable, avec une exposition sud face au Canigou, que l'on aperçoit. Ici  poussent arbres fruitiers, pêchers, pommiers, abricotiers, et sur les parties les plus basses on cultivait autrefois, vigne et cerisiers. Il y a des jardins potagers dans tous les villages, qui sont aussi magnifiquement fleuris. Cette vallée, s'est dépeuplée, car elle avait du mal à nourrir ses habitants. Mais elle voit sa population quintupler l'été et l'hiver. La plupart des maisons ont été conservées par enfants et petits enfants, qui en ont fait des résidences secondaires. 80 % des gens qui vivent dans les Garotxes ou qui y viennent en vacances sont originaires d'ici et sont fiers d'être « garotxins ». Certes la route d'accès est étroite et sinueuse, mais elle traverse des paysages magnifiques et offre de superbes points de vue. Pays d'eau, on y trouve encore les ruines d'une partie des 26 moulins à eau recensés en 1824. Le moulin à foulon d'Ayguatebia est en cours de réhabilitation. Le patrimoine bâti, s'il souffre d'entretien, est riche et on y compte des églises romanes. Des sentiers balisés permettent de relier les villages, ou de se promener en boucle sur des itinéraires thématiques. Les cinq communes, Ayguatébia-Talau, Caudiès de Conflent, Oreilla, Railleu, Sansa, œuvrent ensemble pour développer le tourisme. L'association Garotxes Conflent par ses animations intercommunale a permis de rétablir le lien qui s'était perdu entre les villages du fait de la désertification. Ses membres ont réalisés des « patotes », personnages d'autrefois qui sont exposés cette année au village d'Ayguatébia. Si vous aimez la nature, le calme, la vraie relation humaine, le tourisme à petite échelle, prenez le temps de découvrir les Garotxes. Ici, les gens sont accueillants, n'hésitez pas à les solliciter. Bloquez votre régulateur de vitesse à 30 km/h, baissez vos vitres, enfourchez votre vélo, ou chaussez vos chaussures de marche et laissez vous guider.

 Ce qu'ils en pensent

IMG_6431_modifié-1.jpg Maryse Lopez, présidente de l'association Garotxes Conflent.

Les Garotxes sont une terre d'accueil et nous souhaitons développer un tourisme raisonnable autour de la randonnée. Pas un tourisme de masse, inadapté à notre vallée, les gens d'ici n'en voudraient pas. Notre problème c'est qu'il n'y a pas d'infrastructure d'accueil organisée. Il y a plein de chose à voir, mais on ne peut résider sur place. Les skieurs de fond s'arrêtent au col de la Llose et les randonneurs au col de Creu. Ici c'est le dépaysement, l'authenticité qui sont nos atouts. Les amoureux de la nature et du calme, c'est ici qu'ils le trouveront. Cette année nous avons édité des dépliants qui permettent de découvrir les villages en autonomie. Si vous êtes perdu, n'hésitez pas à demander aux habitants, ils savent accueillir.

IMG-6434.jpgMarie Claude Raspeau, maire de Railleu

Il y a énormément de passage sur les Garotxes, des cyclistes des randonneurs. Nouveauté, des personnes qui utilisent leur GPS qui les dévie à partir d'Olette et qui sont un peu désorientés, lorsqu'ils empruntent la route d'accès. Beaucoup recherchent un bar ou un restaurant. Seul Sansa avec son gîte d'étape peut répondre à cette attente, mais ce n'est pas suffisant. Il faut aménager des structures pour pouvoir les accueillir. Cet été à Railleu, nous ouvrons une buvette, ce qui est une première étape. La vie ici est rude, simple, mais les gens sont accueillants. Notre force touristique, c'est notre église qui est particulière, le vieux moulin, les sentiers de randonnée, et la sympathie des gens des villages.

IMG_6432_modifié-1.jpg Jeannette Ferrer, conseillère municipale à Sansa

 Les Garotxes sont très sauvages, il faut presque les mériter. Il faut avoir envie de venir jusqu'ici, mais on est récompensé. Sur Sansa c'est le pastoralisme que l'on va découvrir, avec ses « covas » (abris), sa bergerie la plus grande du département, mais qui malheureusement est effondrée. Ce qu'il y a à découvrir dans notre vallée, ce n'est pas grandiose. Mais cela fait partie du patrimoine et de la vie de nos ancêtres. La route est un frein et il n'est pas envisageable de l'élargir, alors il faut la valoriser. Nous allons aménager des petits parkings sur les points de vue remarquables. Nous recherchons de nouveaux gérants pour notre gîte d'étape. Les personnes intéressées doivent contacter la mairie au 04.68.97.02.68.

 

IMG_6427_modifié-1.jpgJeanne Olive habitante d'Ayguatébia

Tout le monde parle de développement touristique, mais nous n'avons pas les structures d'accueil. Aujourd'hui, les touristes ne nous apportent que des inconvénients. Les cyclistes jettent leurs cannettes, les randonneurs ne sont pas toujours respectueux. On n'a rein à vendre, et on ne peut apporter grand-chose aux touristes, si ce n'est notre nature. Je ne suis pas contre l'aménagement touristique, mais encore faut-il qu'il y ait des retombées économiques, et qu'il soit basé sur l'échange. Je suis pour un tourisme à dose homéopathique. Je dois reconnaître que je suis un peu chauvine et j'aime bien protéger mes jardins secrets. En fait, je ne souhaite pas que l'on vienne piétiner mes plates bandes.

 Ici le temps ne s'est pas arrêté et les habitants ont de l'humour jusqu'à nommer la route qu'ils empruntent journellement « l'itinéraire pittoresque des Garotxes ».