15/10/2013

Brame d'automne fragilise le cerf

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Si l’automne inspire les poètes, c’est aussi le règne du cerf, roi des forêts, qui montre sa puissance et sa présence avec son râle envoutant, à l’orée des futaies.

Paul Verlaine, avec ses « sanglots longs, des violons, de l’automne », n’en apprécie pas moins cette saison « vive la brise, enfin, d’automne…Ce sain premier frisson d’hiver ». Charles Baudelaire, est moins enthousiaste dans son champ d’automne « Bientôt nous plongerons dans les froides ténèbres, Adieu, vive clarté de nos étés trop courts ».

Mais l’automne, c’est aussi la période qui a fait la réputation du cerf. Celle où l’on peut entendre son fameux « brame ». C’est l’époque du « rut », cet état physiologique qui pousse ces animaux à s’accoupler. Et même si le poète Georges Brassens, l’a plagié « Je suis hanté, le rut, le rut, le rut, le rut ! », c’est tout de même le cerf, qui dans toute sa splendeur et sa force reste le roi des forêts. Anatole France lui rend hommage «au vapeurs du matin, sous les fauves ramures que le vent automnal emplit de longs murmures, les rivaux, les deux cerfs luttent dans les halliers…Et le vainqueur sanglant qui brame à la lumière, et que suit désormais la biche douce et fière, a les reins et le cœur bons pour l’œuvre divins ».

Aujourd’hui, les hommes chasseurs de tête, tels des « tigres de papier » profitent de ce cri rauque et guerrier, pour l’approcher et l’abattre. Mais où sont les poètes d’antan…

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15:16 Publié dans faune | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : brame, automne, cerf

09/10/2012

Combat de rois pour des biches

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En automne, les forêts des hauts cantons résonnent du brame des cerfs. Période de reproduction, de lutte entre les mâles, d’intérêt pour ceux qui prennent le temps de les écouter, parfois de les voir.

cerf (4).jpgGuttural, rauque, animal, le brame du cerf intrigue, inquiète, surprend, mais il fait partie de la vie de ces cervidés qui de plus en plus nombreux, peuplent les forêts des hauts cantons. C’est ainsi, en montagne, et sûrement ailleurs, les saisons sont réglées par les activités de l’homme, mais aussi par celle des animaux. Pour les cervidés, l’automne, c’est la période du rut. Le mâle, par son « brame », avertit les femelles de sa présence, tout en intimidant et défiant les autres mâles qui oseraient s’aventurer sur son territoire. Une période d’agressivité qui voit de violents combats, où tête contre tête, les mâles concurrents s’engagent, provoquant parfois des blessures importantes pouvant aller jusqu’à la mort.

Des brames : court, bref, rauque pour se signaler, long, isolé, mélancolique dans l’attente, timbre élevé, provoquant pour défier, saccadé dans la poursuite d’une biche, fort, puissant, vainqueur d’un combat, le brame est comme un langage approprié à chaque situation. C’est l’époque des amours, de la reproduction, qui va mettre en concurrence les jeunes cerfs partant à la conquête des femelles et les vieux mâles qui veillent jalousement sur leur harde. C’est une période très éprouvante physiquement pour les cerfs, qui mangent peu, maigrissent et consacrent leur temps à la surveillance, au combat, à l’accouplement. Etonnamment, les cerfs retournent tous les ans sur la même aire de brame, quittant ainsi les sous bois. Un brame qui dure en général un mois, période après laquelle les cerfs vont se reposer et manger pour se préparer à affronter l’hiver.

Quelle vie : males et femelles vivent séparément, en dehors de la période de reproduction. Fin mai,biches (2).JPG début juin, vont naître les faons, qui restent avec leur mère chargée de leur éducation. A partir d’un an, leurs bois vont pousser. Des bois que le cerf perd chaque année durant l’hiver et qui à chaque repousse, recouverts de « velours », vont se parer de nouvelles ramifications, les « cors ».

D’abord élevé au lait de sa mère, ce ruminant végétarien, après son sevrage, se nourrit selon les saisons de bourgeons, jeunes pousses d’arbres, graminées, plantes herbacées. Cet automne, du fait de la sècheresse, il a envahi les champs cultivés en Capcir, se nourrissant de pommes de terre et de regains.

Observer : lors de balades en montagne, il arrive régulièrement de croiser des biches, parfois un cerf. La période du rut est la meilleure pour l’observation du cerf. Le brame permet de les localiser, mais attention de ne pas essayer de trop les approcher, car ils sont agressifs. A la tombée de la nuit, garez votre véhicule, écoutez les bramer, et avec un peu de chance, de patience d’observation, vous aurez le plaisir de voir un  cerf ou quelques biches. Le parking de la Maison du Capcir au col de la Quillane, est un bon site pour écouter les cerfs bramer en toute sécurité.

 

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patience et prudence, les maîtres mots pour l’observation du brame des cerfs.

17:45 Publié dans faune | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : rut, brame, reproduction, amours

07/10/2010

Le cerf, roi de la forêt clame son amour automnal

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Réintroduit dans les années 50, en forêt de Barrés, par la fédération départementale des chasseurs des PO, le cerf s'est facilement adapté à son milieu endémique, et rentre dans la période du brame,

 

Le cerf avait déserté les hauts cantons et sa réintroduction par la fédération de chasse est une réussite. Peu exigeant, c'est un animal qui s'adapte facilement à son milieu. Les six cerfs et six biches de 1956, sont aujourd'hui estimés par comptage à 2664 têtes. Son territoire privilégié va de Cerdagne Capcir Haut-Conflent, à la partie occidentale du Canigou et au Madres jusqu'à la forêt de Boucheville en Fenouillèdes.

Forte présence : « la forte densité de l'espèce en Capcir Garotxes et plus partiellement en Cerdagne, ne pose pas de problèmes sanitaires, mais entraîne une compétitivité alimentaire avec les autres espèces » précise Alain Bataille technicien de l'Office National de la Chasse. « Ce fort développement est du au fait que l'on n'a pas suffisamment prélevé dans le passé ». Aujourd'hui, le plan de chasse attribué aux Associations Communales de Chasse Agréées (ACCA), et aux gestionnaires des forêts domaniales vise à ramener la population de cervidés à des niveaux compatibles de cohabitation avec les autres ongulés sauvages et les troupeaux domestiques. C'est 666 individus, mâles et femelles confondus qui ont été prélevés en 2009.

Une organisation de vie : les biches accompagnées de leur faon de l'année et de celui de l'année précédente vivent en groupes  matriarcaux. Les jeunes mâles cohabitent ensemble, les vieux mâles s'isolent et restent seuls. Herbivore, le cerf peut peser jusqu'à 230 kg, 120 kg pour la biche. Herbe, ligneux (ronces, genévriers, framboisier...), écorces de pin, constituent son menu de base. Le mâle porte des bois qu'il perd en mars, et sont « refaits » pour la période du rut. En octobre, chaque mâle va délimiter un territoire où il va essayer de regrouper le plus grand nombre de biches, qu'il va garder sous son contrôle. Il va marquer et défendre son territoire en bramant. A la fin des amours, chacun retrouve son comportement social habituel. La biche mettra bas un faon au printemps.

« Si vous souhaitez écouter le brame du cerf, il est prudent de l'écouter à distance et de ne pas s'aventurer en forêt » précise Alain Bataille. Le parking de la Maison du Capcir au col de la Quillane, est un bon site pour écouter les cerfs bramer en toute sécurité.