19/05/2010

Puyvalador-Rieutort - Compte administratif et budget communal non votés

Réunis le 24 avril en conseil municipal, les élus de Puyvalador refusent de voter le compte administratif 2009 et le budget 2010 et souhaitent engager une réflexion pour redynamiser la station de ski.

Puyvalador est une commune dotée d'une section de commune, Rieutort. Cette particularité implique une répartition des élus entre commune et section. Le nombre des représentants déterminé en  fonction des inscrits sur les listes électorales, Puyvalador s'est vu attribuer 5 élus et Rieutort 6. Une répartition tout à fait légale et que ne contredisent pas les élus Puyvalador, mais là où le bât blesse, c'est dans le fonctionnement. Gilles Pouvreau et Jean Pierre Treny, élus de Puyvalador le soulignent «maires et adjoints sont de la liste Rieutort. En infériorité numérique nous ne sommes jamais écoutés, on a l'impression que l'on nous prend pour des imbéciles. Si au vote du budget, deux élus de Rieutort n'avaient été absents, il aurait été voté ».

Manque de transparence : si le budget n'a pas été voté, c'est parce que les comptes étaient présentés équilibrés, mais après étude en détail, certaines dépenses sont alimentées avec des recettes incertaines. « le maire interrogé n'as pas été en mesure de répondre immédiatement. Il a convoqué à nouveau une réunion pour présenter le même budget, avec la présence du percepteur, mais il n'a pas eu le quorum » précisent les élus de Puyvalador qui ont n'ont pas répondu à la deuxième convocation. Sur 1 721 091 € de capital emprunté, 1 223 100 € l'ont été pour la station, gérée par une régie autonome. Celle-ci ne verse pas à la commune le loyer prévu de 240 000 €, ni les frais de mise à disposition de personnel et matériel communal. « le maire, refuse de nous montrer le budget de la régie, alors que la commune est un partenaire financier fort. Les impôts locaux devraient être consacrés a l'aménagement de la commune et au bien être de ses habitants ».

Une autre gestion les élus de Puyvalador ne sont pas opposés à la station de ski, mais ils souhaitent envisager une autre forme de gestion, car celle en place leur semble suicidaire. « seuls, nous n'y arriverons pas. Nous n'avons pas de solution miracle, mais nous souhaitons être associés à la réflexion » précisent-ils. Pour cela, ils envisagent de mettre en place une réunion de travail ouverte à tous les habitants. La matinée serait consacrée à des interventions d'experts portant sur la situation économique actuelle, les délégations de service public et de société d'économie mixte, les énergies renouvelables utilisables sur la station. L'après midi, débats, échanges sous forme d'ateliers s'appuyant sur les interventions de la matinée. « aujourd'hui le village est laissé à l'abandon, la régie ne fonctionne qu'avec trois administrateurs et cache ses comptes. Il faut rechercher des partenariats, sinon demain on va déposer le bilan ».

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Juché sur un promontoire qui domine le lac, le village de Puyvalador paisible, vit des moments d'inquiétude.

22/02/2010

Raymond Trilles : « Il faut faire fi des petites querelles locales »

Raymond Trilles, président de la communauté de communes Capcir Haut-Conflent, fait un tour d'horizon sur l'année 2009 entre réalisations, craintes et projets. 

IMG_6913.JPGQuel regard portez vous sur l'année 2009 ?

Je retiens en priorité les effets négatifs de la crise économique. Je pense à ceux qui ont perdu leur emploi, aux entreprises fragilisées. Le doute s'est installé sur la pertinence de notre modèle de société. Puis, la tempête Klaus, qui a mis à mal notre massif forestier et les stations de ski en pleine saison.

Quelles actions comptez vous mettre en œuvre face à ce constat ?

Nous sommes des montagnards, et nous ne nous décourageons pas devant l'adversité. Grâce à l'action commune des collectivités locales, des entreprises publiques, et privées, nous pouvons dire à ce jour que l'essentiel a été sauvé. La politique lancée dans ce cadre, par la communauté de communes Capcir - Haut Conflent, avec près de 2 millions d'euros investis en 2009, a soutenu l'activité dans un secteur clé de notre économie, le bâtiment et les travaux publics.

Quels sont les programmes d'investissement réalisés ?

Concernant l'environnement, nous avons commencé la réhabilitation de la décharge de gravats et déchets inertes. Une zone d'activité pour les entreprises du Capcir, équipée d'un réseau de chaleur, est en cours. Des points d'apports volontaires enterrés, ont été installés à Mont-Louis, La Cabanasse, Sauto et Fontrabiouse En matière de tourisme, nous avons achevé le hangar pour le treuil photovoltaïque sur l'aérodrome de la Quillane, et les travaux sur les pistes de ski de fond du Col de la Llose. La rénovation des remparts de Mont-Louis continue, ce qui a valu au territoire une récompense départementale.

Quel impact sur l'emploi ?

Les emplois directs de la communauté de communes sont confortés, et nous avons mis en place durant 6 mois, un chantier d'insertion. Huit jeunes du pays, sous couvert de l'équipe permanente de la communauté, ont appris le métier d'ouvrier forestier. Ceci a eu aussi un effet bénéfique sur les forêts abîmées par la tempête, et les sentiers de randonnée. Quatre emplois nouveaux directs, ont étés créés par la création d'une scierie intercommunale.

Pourquoi une scierie intercommunale ?

Pour faire face aux méfaits de la tempête, tout en valorisant nos forêts. Il n'y avait plus de scierie en Cerdagne - Capcir et le bois partait en Espagne. Aujourd'hui, nous proposons, sur place, un bois de qualité, débité, scié, bientôt raboté, à un prix concurrentiel. Les entreprises locales apprécient, et sont nos clients privilégiés. Les houppiers et déchets forestiers sont déchiquetés et utilisés pour le chauffage bois énergie. Ceci nous a amenés à construire un local adapté pour le bois déchiqueté.

Tout va bien alors ?

Malheureusement, nous n'en avons pas fini avec la crise et le chômage. Il faut que les mécanismes de soutien à l'emploi et à la formation jouent à fond envers les jeunes. Nous allons, en partenariat avec l'association El Mener, relancer un chantier d'insertion sur l'année 2010. La zone d'activité Capcir, permettra aux entreprises de s'installer dans de bonnes conditions. Nous en réaliserons un deuxième sur les communes du Cambre d'Aze. Il faut rester vigilants sur la réforme de l'administration territoriale lancée par l'Etat.

Que vous fait craindre cette réforme ?

La réduction du nombre d'élus locaux va nous exclure des centres de décision. Pour moi, la commune est la collectivité territoriale de base, le socle incontournable de notre république, et elle ne doit pas disparaître. Cela ne nous empêche pas de nous regrouper en communautés sur des projets ambitieux, concernant nos bassins de vie et d'emploi. Il faut savoir faire fi des petites querelles locales, des arrières pensées électorales.

14/02/2010

Déviation de Joncet, la cinglantane détrône le grand duc

Harassés, agacés, énervés, mais toujours aussi combatifs, des représentants  de l'association pour le contournement de Joncet par la RN 116, sollicitent le soutien des élus du Parc Naturel Régional, réunis en comité syndical à la Cabanasse.

La traversée du village de Joncet par la RN 116, est un réel danger pour ses riverains et un goulet d'étranglement et de bouchon pour la circulation. Dans la phase d'instruction du dossier pour la déclaration d'utilité publique de la déviation du village, la présence du grand duc, découverte en 2007, a obligé à une étude d'impact exigée par la DIREN, et retardé le projet. Expertises réalisées, dossiers bouclés, programme définitif, présenté par la Direction Régionale de l'Equipement approuvé par les élus le 13 février 2009, l'enquête publique devait démarrer. Mais, la proserpine et le psammodrome algire, deux espèces protégées, ont montré le bout de leur nez. Ainsi ce papillon et ce lézard (cinglantane en catalan), vont retarder l'aménagement de la déviation.

Tracasseries administratives ? Au-delà de la plantation de végétaux appropriés, pour réhabiliter l'impact du projet sur l'habitat des deux espèces protégées, c'est un dossier de dérogation qui doit être réalisé et accepté par le Comité National de Protection de la Nature, qui pose problème. En effet, le 22 octobre 2009, le Préfet informe que ce document doit précéder l'enquête publique, la repoussant ainsi en automne 2010 et les travaux en 2013. Une décision qui exaspère l'association et son président Roland Hullo « notre conviction c'est que les 20 millions d'euros nécessaires à la réalisation de la déviation ne sont pas réunis. Le Préfet des PO et le Député François Calvet, ont confirmé la volonté de réaliser ce projet par l'attribution de 5.4 millions d'euros, mais sans préciser à quelle date. Après le grand duc, le papillon, le lézard, que va t-on trouver.»

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Position du parc

Profitant de la réunion du Comité syndical du PNR, les délégués de l'association de Joncet sont venus solliciter le soutien des élus. Invités par Christian Bourquin, président du parc, à s'exprimer devant l'assemblée, ils ont reçu un large soutien validé par une motion votée à l'unanimité. « invoquer grand duc, papillon et lézard, pour justifier le retard de la déviation, est une vaste rigolade et ridiculise l'objet de notre parc » invective Christian Bourquin qui précise « au parc, nous ne sommes pas des ayatollahs de la chlorophylle, on n'est plus dans un système d'interdiction ». Jean Louis Démelin, maire de Font-Romeu, approuve l'association « je soutiens toutes les actions visant à  désenclaver les hauts plateaux catalans, et la déviation de Joncet en fait partie. Il y a cent ans, on a été capables de construire la ligne du train jaune, aujourd'hui ont doit pouvoir améliorer sensiblement et rapidement la RN 116 ».

Des reports paradoxaux qui font croire à Rolland Hullo que « la protection de l'habitat d'insectes serait supérieur à la sauvegarde du patrimoine humain ». 

IMG_4200.JPGInvité par Christian Bourquin à s'exprimer devant les élus du PNR, Rolland Hullo a pu faire le point de la situation et a reçu le soutien de l'assemblée réunie.