03/05/2011

Le PNR se positionne sur la promotion de son territoire

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Dans le cadre de sa mission tourisme, le Parc Naturel Régional des Pyrénées Catalanes, œuvre sur son territoire à l'organisation de l'offre touristique et à sa promotion vers les différents marchés potentiels.

Sur le territoire du parc, de nombreux prestataires, depuis les hébergeurs jusqu'aux animateurs d'activités  se côtoient sans pour autant travailler ensemble. Fort de cette constatation, le parc à décidé de fédérer les professionnels du tourisme et de créer des produits touristiques originaux, en cohérence avec ses valeurs, et de les commercialiser. Tous ces séjours ont obtenu la marque « accueil » du parc.

pnr, tourisme, enfants, promotionJeune public : après « objectif découverte », un programme d'activités réservées aux scolaires, le PNR propose « parcours découverte ». Entre nature, culture et patrimoine, en demi-journées ou journées, avec ou sans hébergement, c'est 9 séjours thématiques et 20 sorties pédagogiques qui sont proposées aux enfants. Seize professionnels sont concernés par cette démarche. Un guide catalogue « parcours découverte » regroupe toutes les propositions. Edité à 5000 exemplaires, il sera diffusé dans un premier temps dans toutes les structures accueillant des jeunes publics du Languedoc Roussillon et de Catalogne Sud (établissements scolaires, centres de loisir, points information jeunesse, associations...). Ceci est le fruit d'un travail collégial réalisé par le parc, les professionnels de l’éducation à l'environnement pour un développement durable du territoire, la direction départementale de la cohésion sociale et l'éducation nationale.

Grand public : depuis 2009, Smart box, n° 1 du coffret cadeau commercialise des séjours dans les 46 parcs naturels régionaux français. Sur 10000 coffrets mis en vente, 96OO, dont 379 pour le parc catalan ont étés réservés. Trois hébergeurs (Le Clos Cerdan à la Cabanasse, l'hôtel Planes à Saillagouse et l'hôtel Corrieu à La Llagonne) qui ont la marque parc et répondent aux critères de Smart box, ont fait partie de l'offre. Le contrat est renouvelé et le parc a proposé une liste de 13 hébergeurs à la société qui prépare un nouveau coffret « PNR » avec une offre de plus de 100 idées séjour au lieu des 60 actuelles.

Enrichir l'offre touristique, élargir les publics accueillis, valoriser les professionnels de son territoire sur un marché fortement concurrentiel sont les objectifs poursuivis par le parc naturel régional des Pyrénées Catalanes.

Catalogue « parcours découverte » disponible auprès du par cet sur le site www.parc-naturel-pyrénées-catalanes.com rubrique « préparez votre séjour ».

  

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les enfants sont la cible privilégiée pour des séjours pédagogiques à thématique environnementale.

24/04/2011

Dans le sillon de la neige de culture

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De complément aux manques ponctuels de neige, à la production massive pour faire face aux aléas climatologiques, la neige de culture, montrée du doigt par certains, fait aujourd'hui partie de la panoplie des outils incontournables des stations de sports d'hiver.

Nous vivons, depuis plusieurs décennies, des dérèglements climatiques, qui se traduisent parfois l'hiver par un manque de précipitations neigeuses. Ceci met en péril tout un pan de l'économie montagnarde française. Nos hauts cantons ne font pas exception à cette réalité. Le monde du ski a conçu des outils capables de produire la neige. Si d'artificielle, la neige est devenue de culture, et le canon à neige s'est transformé en enneigeur, c'est grâce à cette technologie que cet hiver les stations de ski de la montagne catalane ont pu offrir des domaines ouverts, et une neige de qualité aux amoureux de la glisse.

De l'eau et de l'air : La neige de culture est le résultat d'un mélange pressurisé d'air etFt Rmeu pompes relevage IMG_1412.JPG d'eau refroidie à 2 °, qui, propulsés dans un air froid (jusqu’à 0 °), se transforme  en cristaux de glace. La mise en œuvre de cette production nécessite deux éléments clés : de l'eau et bien sûr de l'énergie (électricité). Ce sont ces deux éléments qui interpellent les écologistes et les agriculteurs. A ces détracteurs, les gestionnaires des stations répondent que d'une part l'eau transformée en neige finit par fondre et alimenter dans la plupart des cas le bassin versant sur lequel elle a été prélevée. De plus la fonte se fait à une période où l'agriculture a besoin d'eau. D'autre part, si les enneigeurs ont besoin d'électricité pour fonctionner, la nouvelle génération de ces matériels est fort peu vorace en énergie.

Prélèvement raisonnable : la technologie développée, l’aménagement des pistes quile lac des Bouillouses en hiver IMG_1317.JPG demandent moins d’épaisseur de neige pour le damage, les économies d’eau faites sur la recherche des déperditions dans les circuits urbains des stations, font baisser la quantité d’eau utilisée pour l’enneigement. En Capcir, la quantité d’eau consommée (300 000 m3) représente 1 % de la capacité des barrages de Matemale et Puyvalador réunis. La perte en eau restituée est évaluée à 30 % (infiltration et évaporation), ce qui est équivalent à l’évaporation des deux plans d’eau. Ces ratios s’appliquent aussi aux stations de Cerdagne. La consommation en eau de l’ensemble des stations françaises pour la production de neige est de 18 millions de m3 (capacité du lac des Bouillouses) ce qui correspond à 50 % de l’eau utilisée pour le remplissage des piscines en France.

Une économie : la montagne vit dans une économie fragile qui se caractérise par deux saisons touristiques, l'été et l'hiver. La saison hivernale est entièrement liée au ski, même s'il est vrai que tous les vacanciers ne pratiquent pas la discipline.  D’une manière directe pour les personnels des stations, d'une manière induite pour tous les autres professionnels de la montagne : loueurs de matériel, moniteurs de ski, hébergeurs, cafetiers, restaurants, épiciers.... Aujourd'hui, même les agriculteurs qui produisent fromages, volailles, miel... doivent leur survie à l'activité touristique bi-saisonnière.

Neige de culture, entre économie et écologie

La survie d'une économie montagnarde

canons grau 014.jpgChristian Blanc, maire des Angles est clair « sans neige de culture, cet hiver qui est le moins enneigé de la décennie, aurait été catastrophique pour l’emploi ». Et de rajouter aussitôt « notre prélèvement en eau est raisonnable et calculé par rapport à la ressource existante ». Les sports d’hiver, c’est aussi un laboratoire d’étude, tout est étudié jusqu’au comportement de la clientèle et à ses attentes pour y répondre du mieux possible. « pour que le client achète le produit neige il faut que le domaine soit enneigé à 75 % ». Un ratio qui satisfait la clientèle et favorise la fréquentation et la tarification. Aux Angles 60 % du domaine est équipé en enneigeurs, et permet d’atteindre ce fameux ratio. La neige de culture a changé la nature de l’économie hivernale. Il y a 20 ans, l’embauche était incertaine, carChristian BLANC.JPG on ne pouvait garantir l’enneigement. On attendait les précipitations de neige. Il n’y avait pas de garantie de date d’embauche ni de perspective de durée de l’emploi. « cette année on est sur 140 jours d’ouverture, ce qui a permis d’offrir plus de 4 mois d’embauche et avec les congés payés et diverses récupérations, on est entre 5.5 et 6 mois de travail pour les saisonniers ». Une garantie de l’emploi qui permet aux saisonniers de louer un appartement sur l’hiver, mais qui a aussi une incidence sur le commerce local. « en 1990, après deux années sans neige, beaucoup pensaient que le ski dans les Pyrénées c’était terminé. La neige de culture a changé la donne et permet une garantie économique ». Sur les Angles en hiver on compte 900 emplois sur l’hiver dont 250 (110 permanents et 140 saisonniers) sur la commune/régie. « on a un rapport permanents saisonniers de 45/55. Il y a 20 ans il était de 20/80 ». La neige de culture a permis de prolonger la saison d’hiver et a aussi un impact sur le tourisme estival, et donc sur l’emploi « lorsque l’on peut offrir 10 mois de travail à un saisonnier, nous essayons de l’embaucher à l’année et complétons son temps travail par des activités complémentaires ». Si la neige de culture est incontournable pour l’économie montagnarde, le maire plaide pour une utilisation raisonnée de l’eau « nous envisageons de ne plus développer l’habitat, nous n’étendrons plus le domaine skiable, et nous luttons pour le maintien des terres agricoles ». Le Capcir a intégré la réflexion de l’utilisation de l’eau pour la neige dans le cadre du SAGE (Shémas d’Aménagement et de Gestion des Eaux) de l’Aude qui est son bassin versant.

Un parc moderne et performant

Alain Lunot IMG_5598.JPGAvec 500 enneigeurs et 83 % du domaine skiable couvert par l’enneigement de culture, la station de Font-Romeu/Pyrénées 2000 est le domaine le plus densifié en enneigeurs, sur la chaîne des Pyrénées. L’eau provient du barrage des Bouillouses elle est envoyée au sommet de la Calme par 7 compresseurs et alimente le réseau. La station est autorisée par arrêté préfectoral à prélever 540 000 m3 d’eau. En moyenne la station utilise 400 000 m3 soit 2.5 % de la capacité du barrage. « l’eau nous la payons 30 ct d’euro le m3. Non seulement elle est restituée, mais nous ne l’utilisons pas du printemps à l’automne ce qui n’a pas d’incidence sur les lachures agricoles », précise Alain Lunot directeur de la station. 50 %usine pompes de relevage aux bouillouses IMG_1339.JPG de la consommation électrique de la station est dédiée aux enneigeurs. « les canons nouvelle génération produisent 40 m3 de neige heure avec 20 m3 d’air, contre 4 m3 heure avec 200 m3 d’air pour les anciens », ce qui représente une forte baisse du coût énergie. « les compresseurs à air sont pourvus de récupérateurs de condensats ainsi il n’ya aucune huile dans la tuyauterie et dans la neige. Nous n’utilisons que des huiles bio ». La station est engagée dans la démarche de certification ISO 14001 qui initie une stratégie globale vis-à-vis de l’environnement. Les stations ne sont pas menacées par le changement climatique. L’enneigeur fait partie d’une des solutions pour pallier au manque de neige. « le canon à neige fait partie du développement durable. Cet hiver, nous avons vécu à 90 % sur la neige de culture et nous avons reconstitué trois fois le manteau neigeux ».

Un choix de vie

Jean Louis Démelin IMG_5595.JPG« nous sommes les premiers écologistes du département. Nous vivons sur le territoire d’un parc naturel, dans un site Natura 200, dans un environnement exceptionnel et on fait attention à ne pas dégrader la nature » affirme Jean Louis Démelin président du SIVU Font-Romeu/Pyrénées 2000 et maire de Font-Romeu. Sa station adhère à la charte nationale de développement durable dans les stations de montagne. Vivre en montagne aujourd’hui, ce n’est pas facile. L’économie ne repose plus que sur le tourisme et l’agriculture. Tout le travail autour de la santé disparaît. Si l’on n’y prend garde, demain ce seront les services publics, puis les écoles, et ce sera la désertification. « nous sommes des Pyrénéens, et vivre à la montage c’est un choix de vie, presque un art de vivre, une philosophie, malgré les difficultés  liées à l’éloignement et au climat». Les saisons touristiques se resserrent de plus en plus, et l’hiver sans neige, ce n’est pas viable. « le secret de survie d’une station, c’est la force de frappe de la neige de production et l’hébergement. Les pouvoirs publics devraient nous aider ». Sur 30 millions d’euros investis sur la production de neige seule la région Languedoc Roussillon a abondé de 800000 €.