30/09/2012

Le Madres Libéré

ouverture de la barrière.jpg


Randonneurs, chasseurs, pêcheurs, éleveurs, champignonneurs, photographieurs, ont posé les pieds en toute liberté, boutant la main mise de Groupama sur une partie de la montagne catalane.

des élus au col de Jau.jpg Ils étaient au moins 500 selon les organisateurs, la police absente n’a pu contredire ce chiffre. Cinq cent malgré la pluie, réunis pour répondre à l’appel du collectif Madres qui dénonce « « Groupama, à l’origine société d’assurance mutualiste, propriétaire de 2000 hectares de montagne sur le territoire de Mosset (qui en compte 7193) se comporte de plus en plus, en nouvelle féodalité foncière, interdisant l’accès sur sa propriété privée aux différents utilisateurs de la montagne ». Tous unis, randonneurs, vététistes, ramasseurs de champignons, chasseurs, éleveurs, pécheurs, élus ou non… pour défendre ce droit de passage que leur donne la loi « stratae », qui date certes du XIème siècle, mais est toujours applicable.

Les faits : Groupama décide d’interdire le passage à tous les randonneurs sur sa propriété privée. Une décision mise en œuvre par l’embauche de gardes chargés de refouler les amoureux du site, et qui a profondément choqué les locaux. « même sous les seigneurs d’Aguilar, seigneurs de Mosset, il y avait un droit de passage ». Malgré des tentatives de rencontres avortées avec Monsieur Cornut Chauvin, directeur de Groupama méditerranée, rien n’y fait. Il refuse le passage, s’oppose à la rénovation du refuge du Caillau enclavé dans sa propriété privée, invoquant des raisons de protection du site, de sa faune et de sa flore. En fait, le site est réservé à la chasse privée, et une piste de 3 mètres de large sur plusieurs kilomètres est réalisée par Groupama, sans aucune autorisation, dans un site Natura 2000, sur le territoire du Parc Naturel des Pyrénées Catalanes. Un aménagement en contradiction avec les arguments invoqués par le directeur de Groupama quand à la protection du site. Une attitude qui amène le collectif à dénoncer « le comportement féodal de Monsieur Cornut Chauvin, directeur régional d’un organisme mutualiste » et à mette en place ce rassemblement.

Mobilisation : « je suis adhérent à Groupama, je suis donc quelque part propriétaire de ce territoire, je ne vois pas pourquoi je ne pourrais m’y promener », « nous respectons la propriété privée, mais ne comprenons pas l’interdiction de passage. C’est Groupama qui met en péril l’environnement avec la création d’une piste dans un site de grand tétras espèce protégée, pas nous ». le discussions et réactions vont bon train parmi les participants. Message de félicitation et remerciement aux présents exprimé par Alain Siré au nom d’Hermeline Malherbe présidente du Conseil Général qui « s’est beaucoup engagée pour le respect de ce droit de passage ancestral sur le massif du Madres » encourageant à maintenir la pression pour que tous les chemins retrouvent leur droit de passage.

Ils sont nombreux, les utilisateurs de la montagne, unis dans ce combat, épaulés par des élus dont Christian Bourquin Président de la Région, Ségolène Neuville Député de la circonscription, Jean Castex maire de Prades et son Conseil Municipal, nombre d’élus de la montagne catalane.

Devant cette levée de boucliers, Groupama et son directeur ont fait marche arrière (voir l’indépendant de vendredi), en acceptant le droit d’accès au refuge. Pas suffisant pour le collectif, pour qui le « combat continue ».

Au secours cerise…

 

Ils ont participé au rassemblement 

 

1- Geneviève Oustailler.jpg1 – Geneviève Oustailler, présidente de la Fédération Française de Montagne : la montagne appartient à tous. Certes la propriété privée doit-être respectée, mais Groupama doit respecter le droit coutumier de passage. Je suis outrée par l’ouverture d’une piste, sans aucune autorisation, de surcroit dans un site Natura 2000.

 

2 – Claire Sarda Vergés, maire de Campôme : je soutien depuis toujours l’idée d’un2 - Claire Sarda.jpg multi usage concerté des espaces naturels de la montagne catalane. Suite à cet évènement, il faut se mettre autour d’une table et régler l’ensemble des sujets dont la durabilité des baux pastoraux.

 

3 - Yves Delcor.jpg3 – Yves Delcor, premier adjoint de Prades : nous soutenons l’action de l’association qui se bat pour le maintien du passage en montagne pour tous, dans le respect de la nature. Je m’insurge contre l’ouverture d’une piste sans autorisation dans un site préservé. Il faut limiter l’accès aux véhicules pour les secours et la défense incendie.

 

4  - Paul, Thomas, Noé, Clément, Ferreol : nous sommes venus faire l’ascension du4 - Paul, Thomas, Noé, Clément, Ferreol.jpg Madres, et pour le protéger. Groupama interdit le passage des randonneurs, mais ça fait partie de notre catalogne. Nous on ne va pas demander l’autorisation de passer.

 

5 - Marcel Bonafos et Michèle Siré.jpg5 – Marcel Bonafos et Michèle Siré : cella a fait 35 ans que nous randonnons dans ce massif. Nous nous sommes fait arrêter ce mois d’avril entre la barrière et la carrière de talc. Deux gardes en voiture nous ont signifié que nous étions dans une propriété privée, et menacé de nous verbaliser si nous ne faisions pas demi-tour, ce que l’on a fait. Aujourd’hui nous somme là pour soutenir l’action du collectif.


6 – Madeleine Berges, maire de Counozouls dans l’Aude : en voisins, on se sent concernés. Il6- Madeleine Bergés.jpg n’est pas acceptable de priver les gens de se promener en montagne. Aujourd’hui il y a beaucoup de monde et c’est très bien. Groupama a l’air de faire machine arrière, mais il faut continuer à lutter, ce n’est pas terminé.

 

7 – le point de vue du collectif Madres : ce qui nous réunit, nous fédère, nous fait 7- membres du collectif Madres.jpgexister c’est la cause elle-même qui est reprise par tout le monde, et nous sommes surpris de cet accueil. Cela prouve que la cause est juste et correspond à une aspiration humaine profonde. A l’heure de l’Europe qui a instauré la liberté de circulation des hommes, nous ne comprenons pas que cela ne puisse s’appliquer ici. Monsieur Cornut Chauvin s’est mis en tête de mette de l‘ordre, c'est-à-dire d’être maitre de tous les tenants et aboutissants du Madres. Progressivement, il a mis en place des interdictions, et aujourd’hui, cerise sur le gâteau, il interdit l’accès aux randonneurs dans sa « propriété privée ». Il veut faire du Madres « une vitrine de la chasse française », réservée bien sûr aux fortunés, en 4x4, ce qui a motivé la réalisation d’une piste en toute infraction dans un site Natura 2000. Cela ne correspond pas à l’esprit des chasseurs locaux qui ont une approche respectueuse de la nature. On ne veut pas devenir la Sologne, la montagne et la nature doivent-être accessibles à tous. La convention que Monsieur Cornut Chauvin a signé cette semaine, il l’a en main depuis juillet 2011. Il a fallu que la Présidente du Conseil Général le relance fortement et une importante mobilisation pour cela. Nous recevons des mails de soutien de la Catalogne sud, du Québec, d’Australie, de Nouvelle Zélande… Nous ne baisserons pas les bras, la lutte continue.

 

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forte mobilisation sur le Madres malgré un temps d’automne humide.

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