12/04/2011

Ces animaux sauvagees qui retrouvent leur habitat

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Cerfs, mouflons, isards, chevreuils, bouquetins, rennes, bisons, loups, ours… habitaient autrefois notre montagne catalane. Beaucoup ont disparus, certains ont été réintroduits, toujours avec succès, parfois dans la polémique.

La plupart des grandes espèces, hormis l’ours, ont été réintroduites pour des raisons cynégétiques. ONC (Office National de la Chasse), associations locales de chasse, ONF (Office National des Forêts) sont les porteurs de projets de réintroduction des espèces à vocation de chasse. Des animaux bien adaptés au climat et au terrain, qui se sont fortement reproduits et qui, aujourd’hui, soulèvent quelque polémique de la part du monde agricole. Malgré des plans de chasse draconiens, avec un nombre de têtes à abattre important, cervidés et mouflons son en surnombre sur notre territoire. Il n’est pas rare, de voir des troupeaux de biches et de cerfs aux abords ou même à l’intérieur des villages. Il est courant de voir les mouflons se mélanger avec les troupeaux de mouton, les cervidés avec les troupeaux de vache. Côté éleveurs, on dénonce cette surpopulation qui empiète sur le territoire des pâturages des bêtes en estives. Côté chasseurs, l’office adapte les plans de chasse, mais cette régulation n’est pas suffisante. Côté vacanciers, on apprécie de pouvoir croiser au cours d’une randonnée dans la nature, l’un ou l’autre des représentants de ces espèces dites sauvages. Le problème, pour cette faune sauvage, c’est l’hiver. Ces animaux sont concentrés sur un petit territoire non enneigé.

faune, animaux, habitat, chasseLe moins noble : le mouflon a été introduit dans le massif du Carlit dans les années 50, puis sur le Madres de 1991 à 1995. Issus du Caroux (massif situé au nord de Béziers), avec le seul objectif d’être chassé, on compte à ce jour, plus de 1000 têtes pour une population introduite de 40. Il pose effectivement des problèmes en utilisant les pâturages réservés au bétail d’élevage. Pour limiter son développement, la période de chasse a été allongée, et les chasseurs  incités à tirer  prioritairement les femelles lors des battues. Dans la chasse au mouflon, c’est le mâle qui a de l’intérêt pour son trophée, plus que pour sa viande. Les femelles sont donc mal chassées

Le plus fier : le cerf a été réintroduit au Pla de Barrés en 1960. Six cerfs et six bichesfaune, animaux, habitat, chasse issus de Chambord, puis plus tard autant de Marly. Comme le mouflon, l’espèce s’est facilement adaptée et est en surnombre aujourd’hui. Le cerf est plus recherché que la biche pour son trophée. Il pose les mêmes problèmes que le mouflon. On voit régulièrement des cerfs la nuit dans les villages capcinois.

faune, animaux, habitat, chasseLe plus doux en apparence : l’ours est associé à l’image des Pyrénées, peut-être à cause des Ariégeois montreurs d’ours, qui autrefois sillonnaient l’hexagone. C’est le « doudou » de nombreux enfants, mais sa réintroduction est fortement contestée. Dans les Pyrénées Orientales, un seul fait quelques incursions. C’est Boutxy, fils de Mellba, l’ourse slovène tuée dans la région de Saint-Gaudens. Omnivore, il lui arrive de s’en prendre à des moutons en estive, ce qui lui attire les foudres des éleveurs. Pour défendre les brebis, des chiens « patous » sont mélangés au troupeau. Mais ils sont dangereux pour l’homme si celui s’approche des brebis. C’est le ministère de l’environnement qui gère sa réintroduction au travers de plan ours qui, aujourd’hui est un peu en sommeil.

 

Le plus joueur : le chevreuil a été réintroduit autour de Prades avec des individusfaune, animaux, habitat, chasse provenant du parc de Chizay. Puis, sans intervention de l’homme, des Pyrénées ouest, il est venu s’implanter en montagne catalane. Moins nombreux que cerfs et mouflons, il s’habitue à la présence de l’homme et se laisse facilement approcher, sauf en période de chasse.

Le plus espiègle : l’écureuil, qui avait souffert dans la deuxième moitié dur 21è siècle, reprend sa place dans les forêts d’altitude. Protégé, il était autrefois mangé. Curieux, joueur, agile, il se laisse observer, puis disparaît sans prévenir.

Le plus désiré : une procédure de réintroduction du bouquetin Pyrénéen est en cours depuis 30 ans. L’Espagne refuse de céder quelques spécimens. Cette démarche n’est pas appréciée par le monde de l’élevage, mais gageons qu’il faudra encore quelques décennies pour qu’un accord soit conclu. Le tir sélectif de certains mâles, se monnayent entre 15 000 et 20 000 € le trophée. On comprend pourquoi, côté espagnol, il y a de la réticence.

faune, animaux, habitat, chasseLes nouveaux venus : disparue lors de la préhistoire, la marmotte a été réintroduire dans les années 1950 dans le cadre d’un programme de soutien aux aigles, espèce en voie de disparition. On la trouve sur tout le massif. S’il n’y a pas de preuve de présence du lynx, le blaireau lui est en train de coloniser le Capcir. On commence à voir des genettes, et la loutre revient naturellement. Est-ce du au réchauffement climatique, c’est une question que l’on peut de poser pour ces espèces qui vivent plutôt dans la plaine.

Le roi : endémique des Pyrénées, l’isard est le roi de la faune locale. On ne le trouve quefaune, animaux, habitat, chasse dans les Pyrénées, les monts Cantabriques (Espagne) et les Abruzzes (Italie). Fortement implanté dans les hauts cantons il a été décimé à 80 % par deux maladies (kerato conjonctivite et pestivirose). La population recommence à se densifier pour le plus grand plaisir des randonneurs, mais aussi des chasseurs.

De tous temps, les montagnes ont été des zones refuges pour les animaux qui ne pouvaient plus se nourrir dans les plaines cultivées. Aujourd’hui, leur forte présence semble poser problème. A moins d’organiser d’inhumains  abattages systématiques, nous sommes résignés à partager l’espace avec eux.

avec l'aimable participation de Patrick Vacher (ONF) 

Le loup dans les Pyrénées orientales, un habitant discret

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Le loup a disparu des Pyrénées fin XIXe siècle, mais est resté présent en Espagne où l’on compte aujourd’hui une population estimée à 1500-2000 individus. Ce sont des attaques à répétition d’ovins et des observations de canidés dans le Madres qui ont amené les agents de l’ONCFS et les personnels de la réserve de Nohèdes à constater la présence du loup. Elle est vérifiée en 1999, sur la base d’analyses génétiques. A la surprise générale et après plusieurs tests, il apparaît que les loups présents dans les PO sont de lignée italienne. S’agissant d’une espèce colonisatrice capable de longs déplacements on peut qualifier cette arrivée de naturelle.  Ces informations sont issues d’un rapport d’Alain Bataille agent de l’ONCFS et animateur du réseau loup pyrénéen.

Peu d’individus repérés Formés par le Réseau Loup, des agents ont pu réaliser des prospections hivernales, qui ont permis de confirmer la présence d’un mâle et d’une femelle sur le Madres entre 1999 et 2000. La présence de l’espèce est ensuite détectée sur le massif du Carlit en 2002 puis en 2004 dans le massif du Canigou. Depuis 2004, le réseau loup Pyrénéen a été mis en place, dans les départements des Pyrénées orientales de l’Ariège et de l’Aude par l’ONCFS à la demande du Ministère de l’environnement pour assurer le suivi de l’espèce. Ce travail d’observation est aussi réalisé en collaboration avec les agents de la Généralitat de Catalunya.

D’après Alain Bataille « on a des certitudes sur la présence du loup dans le Carlit et les Madres ainsi que plus ponctuellement dans le massif du Canigou mais à ce jour aucun indice de reproduction n’a été détecté ».

Un système d’indemnisation des éleveurs pour les brebis tuées par des loups est opérationnel sur les Pyrénées au même titre que pour l’ours.

Faut-il avoir peur du loup ? « La peur de l’homme est une caractéristique comportementale chez la plupart des espèces animales. Le loup n’y déroge pas » précise Armand Fayard, conservateur du muséum d’histoire naturelle de Grenoble.

Si l’on ne peut affirmer que le loup est un animal inoffensif, soyons conscients qu’il est plus prédateur de brebis, que d’être humains. Le moins que l'on puisse dire, c’est que le loup ne fait guère parler de lui dans les Pyrénées.

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